Parce que c’est elle qui était visée et c’est en son nom qu’il faut dire sa compassion et condamner les meurtres des journalistes de « Charlie Hebdo » et des policiers qui étaient chargés de leur protection.
Le Philosophe Locke a raison : il ne faut placer aucune limite à la liberté d’exprimer des idées, et il faut alors accepter que cela signifie que circuleront sans entraves celles que l’on trouve injustes, caricaturales et blessantes.
Justement, la caricature, en son principe même, est impertinence et irrévérence, à l’endroit de l’autorité qui voudrait se proposer, sans question, comme objet de révérence.
C’est justement parce qu’elle questionne que la caricature est le symbole même de la liberté d’expression. Nous le savons bien en Afrique où les progrès de la démocratie se sont manifestés dans le prodigieux développement de cet de provoquer, d’un coup de crayon, à penser, à faire retour sur soi, à se mettre en question.
Et la religion alors, demandera-t-on ? Ne faut-il pas poser là des bornes à ne pas franchir ? A cette question, il faut répondre deux choses.
D’abord, que si la liberté d’expression est un principe, on ne peut pas la limiter de l’extérieur par des exceptions qui auront alors inévitablement vocation à se multiplier, mais il faut laisser à la seule conscience de celui qui parle publiquement, écrit ou croque une opinion, le soin de décider s’il s’autorise à blesser simplement parce qu’il en a le droit et qu’il le peut : l’opinion publique sera ultimement juge en la matière.
Il faut ensuite et surtout répondre que la religion n’a pas à avoir peur des questions, fussent-elles impertinentes, mais qu’au contraire, elle en a besoin et s’en nourrit. Parce que la foi est ouverture à la question, parce qu’elle est inquiétude pour la vérité et non répétition mécanique de certitudes à opposer, par la violence parfois, à ce qui les interroge.
Que la religion n’a pas à avoir peur du pluralisme, mais doit l’accueillir comme étant dans l’ordre des choses, comme un enseignement et une miséricorde.
On dira simplement, pour finir, puisque ceux qui ont assassiné, ont crié qu’ils avaient vengé le Prophète, que le nom de celui dont le Coran déclare qu’il « n’a été envoyé que comme miséricorde pour les mondes », ne peut tenir avec les mots de « meurtre » et de « vengeance » dans la même phrase ».
source: http://www.dakaractu.com/Attentat-Charlie-Hebdo-Le-Professeur-Souleymane-Bachir-Diagne-condamne-et-parle-de-martyres_a82076.html
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