Ce travail de mémoire collective, qui éclaire le titre du livre, fait référence à un mythe fondateur de rapt des femmes. Sous l’occupation musulmane de la Sicile, les femmes adultères ou répudiées auraient été abandonnées avec leurs enfants sur l’Isola delle Femmine, une île située au nord-ouest de Palerme, lieu d’origine de la famille de Gerolama. A travers l’histoire de Gerolama et de sa famille, l’ouvrage questionne la place des femmes dans la société, leur pouvoir domestique et maternel. Il raconte aussi la misère, la disette et les fréquentes périodes de famine et de mauvaises récoltes, l’exode des ruraux, la souffrance de l’exil forcé, la vie incertaine en métropole, la place de la mafia. A l’époque, certains Européens choisissaient de partir en bateau pour s’établir en Afrique du nord, à l’époque où couvaient les revendications d’indépendance : dans les villes tunisiennes, les Siciliens avaient leur quartier propre ; l’entraide communautaire n’était pas un vain mot, bien loin de l’idée moderne de « communautarisme ». En fin de compte, c'est toute l'Histoire de la Méditerranée du XXe siècle qui se trouve revisitée.
Michel Tagne Foko
-
0
-
0
-
0
-
0
-
0
-
0